Ce qui s'est dit dans ce live

Dans ce live, Cédric Tumminello (Hello Mira) reçoit Antoine Mondou, de l'association The Coral Planters, pour poser sans détour une question qui fâche : le nomade digital est-il un gros pollueur ? Ancien sauveteur et guide de surf, Antoine a vécu dix ans entre la Nouvelle-Zélande, le Nicaragua, le Vanuatu et Saint-Martin, avant de rejoindre The Coral Planters à Hossegor. Antoine explique d'abord pourquoi les récifs coralliens comptent : ils abritent environ 25 % de la biodiversité marine, servent de nurserie à toute une chaîne alimentaire, et forment la première barrière contre les vagues, les cyclones et l'érosion des côtes. Il détaille le blanchissement : au-delà de 29 °C, le corail expulse les zooxanthelles qui le nourrissent, et des épisodes de chaleur de plus en plus longs et fréquents, notamment avec El Niño, ne lui laissent plus le temps de se régénérer. Depuis 2017, l'association a planté plus de 45 000 coraux sur 11 zones de restauration dans six pays, en travaillant avec des partenaires locaux rémunérés plutôt qu'avec des bénévoles venus en avion. Sur le nomadisme, le constat est nuancé : les croisières pour nomades incarnent la consommation rapide, mais un nomade qui prend l'avion une fois par an puis se déplace en bus ou à vélo pendant six mois n'a pas forcément plus d'impact qu'un sédentaire qui vole tous les mois. Le slowmadisme (rester longtemps, vivre au rythme local, faire travailler les commerces du coin) réduit l'empreinte et répond aussi à la solitude que vivent beaucoup de nomades. Pour s'engager, Antoine recommande de soutenir des associations locales déjà en place, de donner de son temps sur des compétences utiles (communication, SEO, recherche de financements) plutôt que d'aller planter des coraux, ou d'adopter un fragment suivi par photo tous les six mois. En conclusion, trois décisions simples : moins d'avion et des transports plus lents, des séjours plus longs, et le soutien aux structures locales. Sans culpabiliser personne, Antoine rappelle que le réchauffement climatique se joue surtout au niveau collectif, jusque dans le bulletin de vote. Cédric présente aussi la prochaine masterclass Hello Mira à Medellín, en novembre, en co-living avec des partenaires locaux.